Sous le ciel bleu, au coeur du silence vert

Cet été j’ai eu le plaisir de visiter les jardins de thé suspendus au ciel de Fukuoka.

La découverte commence par un producteur de thé 100% biologique, qui possède plusieurs champs de thé répartis dans la montagne à Fukuoka, sur l'île de Kyūshū, au sud du Japon.

Après avoir suivi la route sinueuse, nous arrivons dans un des jardins de thé qui s'abrite dans les confins de la montagne, à 400m de l'altitude. Ici nous sommes dans une agréable bulle de nature. Sous la torride lumière d'août, des nuages nous avalent presque. L'air est très pur. Silence total, on n'entend que la brise et des oiseaux qui nous saluent..

 © Aux Mille Pins, Emiko Okamoto

© Aux Mille Pins, Emiko Okamoto

Après la guerre, sans avoir assez à manger, le grand-père du patron actuel s'est engagé ici dans la culture du riz et l’exploitation du bois afin de gagner sa vie et élever la famille. A l'époque cette région était façonnée par les fameuses terrasses de rizières.
Son fils, à ses vingt ans, commença à se former pour cultiver le thé au lieu du riz. Petit à petit, les rizières se transformaient en champs de thé.

A la quarantaine, il se résolut à ne plus utiliser de traitements chimiques pour ses cultures en raison d’allergies. A l'époque, personne ne croyait en la réussite de la culture de thé avec une approche biologique uniquement. Feuilles dévorées par les insectes, les maladies de la plante.., pendant quelques années il n'y eut aucune récolte, cependant il gagnait sa vie à l’exploitation forestière. Mais son travail assidu finit par porter ses fruits, quelques années plus tard il commença à récolter des clients.
Ce petit producteur familial travaille donc sans l’intervention de produits de synthèse depuis un demi-siècle. Le patron actuel, la 3ème génération, s’occupe lui-même de la production et du développement de la vente.
A la vérité, le théier s’habitue à croître et se développer naturellement. Il se renforce graduellement et améliore sa productivité s’il est plongé dans des conditions 100% naturelles.

On nous montre “Cha no mi” 茶の実, le fruit de thé. Pour augmenter la qualité de thé, normalement on ne laisse pas fleurir "Cha no ki” 茶の木, l'arbre du thé. Mais quand on travaille sans pesticides, on laisse fleurir. En imaginant la nouvelle floraison, plus tard à l’automne, des belles fleurs blanches timidement penchées..

Nous continuons notre voyage vers Yamé, la région importante de production du thé.
Précieuses occasions de discuter avec les producteurs de Yamé. Ils m'ont parlé de l’immense dégât de gel qui a détruit tous les nouveaux bourgeons destinés au Gyokuro le 8 avril dernier, juste avant la nouvelle récolte. Ils n'ont pas de Gyokuro à vendre cette année. La nature peut être cruelle.
Aujourd'hui, les théiers se reposent pour accumuler des nutriments jusqu'à la prochaine récolte, au printemps prochain.

 © Aux Mille Pins, Emiko Okamoto

© Aux Mille Pins, Emiko Okamoto

Nous avons visité aussi le Grand champ de thé de Yamé 八女大茶園 (Yamé central Tea plantation).
Ici la production est soignée avec beaucoup de discipline pour orienter la récolte aux niveaux de qualité, de régularité et de rendement voulus, dans un espace de terre réduit, parmi les collines.

Le point de vue est magnifique. Je pense au travail accumulé à toutes les saisons par les différents fermiers du thé pour assembler ce paysage estival..
En remerciant à la nature et aux producteurs agricoles, buvons une tasse de thé.

 © Aux Mille Pins, Emiko Okamoto

© Aux Mille Pins, Emiko Okamoto